Cure de Ptose Mammaire et Prothèse (Mastopexie-Prothèse)

 

Définition

La ptose mammaire correspond à un affaissement du sein et une distension de la peau qui l’enveloppe. Le sein est en position trop basse et fréquemment « déshabité » dans sa partie supérieure.

La Mastopexie permet donc de remodeler et de reconcentrer le volume du sein tout en remontant l’aréole et en retirant la peau excédentaire.

Malgré une Mastopexie, le volume du sein peut être insuffisant et ce geste peut être complété par la mise en place d’une prothèse afin d’obtenir le résultat souhaité.

C’est une intervention fréquemment réalisée en chirurgie esthétique et donnant d’excellents résultats avec des cicatrices la plupart du temps discrètes à distance.

Indications

La Mastopexie s’adresse aux patientes désireuses d’obtenir un rajeunissement de leur poitrine avec un résultat parfaitement naturel.

La ptose du sein peut exister d’emblée mais survient le plus souvent après un amaigrissement ou une grossesse avec allaitement ayant « vidé » la poitrine.

En cas de ptose « pure » seule la peau est retirée et donc le volume mammaire est reconcentré et ascensionné.

En cas d’hypotrophie mammaire il est possible d’associer la mise en place d’une prothèse en silicone.

Les autres indications peuvent être une asymétrie mammaire avec un sein moins volumineux que l’autre.

Il n’y a pas d’âge précis auquel envisager une Mastopexie-Prothèse. Il sera fonction du degré de la ptose et des antécédents et des désirs de la patiente.

Les Prothèses Mammaires

Ce sont des implants constitués d’une enveloppe de silicone.

Leur contenu est variable mais la plupart du temps il s’agit de gel de silicone cohésif.

Les implants contenant du sérum physiologique sont très rarement employés car le silicone permet d’assurer au sein un palper souple proche d’une consistance naturelle.

Tous les implants disponibles sont soumis à des normes précises et rigoureuses : marquage CE et autorisation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé).

De plus, les autorités administratives françaises et le ministère de la santé ont imposé depuis Novembre 2016, la mise en place d’un registre national des prothèses mammaires. Ce registre, anonyme, permet de recenser toutes les prothèses implantées sur le territoire français et d’assurer le suivi de l’ensemble des implants ce qui va dans le sens d’une plus grande sécurité pour les patientes.

Il existe 2 formes de prothèses mammaires : les implants ronds et anatomiques.

Les Prothèses rondes sont aussi hautes que larges et remplies de manière homogène dans tous les plans de l’espace.

Elles permettent de remplir de manière plus importante le pôle supérieur du sein et donc l’obtention d’un décolleté plus « pigeonnant ».

C’est en pratique les implants les plus employés lorsqu’une Mastopexie est nécessaire.

La projection et le volume de la prothèse seront choisis en discussion avec le chirurgien et la patiente afin d’obtenir le bonnet et la forme désirés.

Les Prothèses anatomiques sont rarement employées lorsque l’implantation est associée à une Mastopexie car le risque de rotation de l’implant est important.

 

Intervention :

Cure de ptose mammaire et prothèse

Incisions cutanées :
La ptôse mammaire étant le plus souvent importante un « T inversé » est souvent nécessaire. La technique employée est celle de Mac Kissock associant une cicatrice péri-aréolaire, verticale et sous-mammaire.
Ces incisions peuvent paraître importantes et parfois faire peur aux patientes cependant la cicatrice péri-aréolaire permet de placer l’incision à la jonction entre la peau de l’aréole et du sein. La cicatrice est donc très discrète.
L’incision sous mammaire permet de placer la cicatrice dans le sillon et le sein vient donc recouvrir et dissimuler cette incision. Quant à la cicatrice verticale elle s’estompe bien avec le temps.
Dans certains cas et lorsque la ptose est peu importante il est possible de réaliser une cicatrice « verticale pure » voire une péri-aréolaire seule (Round-Block).

Remodelage glandulaire :
La glande mammaire est ascensionnée et reconcentrée afin d’obtenir une forme harmonieuse et naturelle.

Mise en place de la prothèse :
La future loge de l’implant est ensuite réalisée.
Elle est la plupart du temps rétro-musculaire (l’implant est placé derrière le muscle grand pectoral)


Suture cutanée :
Elle est réalisée avec du fil résorbable entièrement sous la peau.

Un drainage par redons est possible, mais rare, afin d’éviter l’accumulation de sang ou de sérosités dans le sein.

Pansement compressif modelant.

Autres informations concernant l’intervention

  • Hospitalisation: Ambulatoire
  • Anesthésie: Générale
  • Durée opératoire: 2 heures en moyenne
  • Examen préopératoire: 2 consultations avec le chirurgien légalement obligatoires, 1 consultation d’anesthésie, une mammographie sera à discuter selon l’âge de la patiente.
  • Contre-indication: Le tabac augmente considérablement le risque de nécrose de la peau et d’infection. Il est donc contre-indiqué pendant 15 jours avant et après l’intervention.

Suites opératoires :

Variables d’une patiente à l’autre, les douleurs peuvent être parfois importantes dans les premiers jours.
Dans les suites elles sont contrôlées par des antalgiques simples.

  • Quelques ecchymoses et de l’œdème peuvent être présents pendant une semaine,
  • Pansements et nettoyage toutes les 48 heures à domicile réalisés par une IDE pendant 15 jours:
    Nettoyage au sérum physiologique et pansement avec tulle gras sur les cicatrices,
  • Les fils sont entièrement résorbables et ne doivent donc pas être retirés,
  • Un repos est conseillé pendant 7 à 10 jours
  • Un soutien-gorge de contention spécial est à maintenir nuit et jour durant 2 mois,
  • Le sport et le port de charges lourdes sont interdits pendant 2 mois,
  • Le résultat définitif est en général obtenu à 3 mois,
  • Des soins spécifiques sur les cicatrices (éviction solaire et massage) seront à réaliser pour les rendre le plus discrètes possible.

Des visites de contrôle sont réalisées à 1 semaine, 1 et 6 mois.

Risques et complications :

Heureusement, les vraies complications sont très rares à la suite d’une Cure de Ptose-Prothèse réalisée dans les règles.

Pour autant et malgré leur rareté, vous devez être informée des complications possibles : 

  • Risques anesthésiques :
    Ils seront exposés lors de la consultation d’anesthésie préopératoire.
  • Risques liés à l’intervention:

– Précoces :

Hématome : s’il est important une reprise chirurgicale peut être nécessaire pour évacuer le sang et stopper le saignement.

Infection : rare après ce type de chirurgie. Il est en général nécessaire de réaliser une reprise chirurgicale pour nettoyage et les implants sont retirés pendant quelques mois. Le recours aux antibiotiques est souvent nécessaire.

Épanchement séreux : une accumulation de lymphe est assez fréquente en postopératoire mais diminue spontanément dans la grande majorité des cas.

– Tardifs :

Anomalies de cicatrisation : le processus de cicatrisation mettant en jeu des phénomènes aléatoires, il arrive parfois que les cicatrices ne soient pas aussi discrètes qu’escompté, pouvant prendre alors des aspects variables : élargies, hypertrophiques voir exceptionnellement chéloïdes.

Altération de la sensibilité : fréquente les premiers mois, elle finit la plupart du temps par régresser.

Formation de plis ou aspect de vagues : les implants étant souples, il est possible que leur enveloppe se plisse et que ces plis soient perceptibles ou visibles sous la peau. Ce phénomène est rare avec les prothèses en silicone.

« Coques » : la réaction physiologique normale et constante de l’organisme humain en présence d’un corps étranger est de l’isoler en constituant une membrane qui va entourer l’implant appelée « capsule péri-prothétique ». Avec le temps cette capsule peut s’épaissir et provoquer une modification de l’aspect du sein, des douleurs ou une déformation visible. Ce phénomène est imprévisible mais relativement rare concernant essentiellement les prothèses de longue date.

Rupture : les implants ont une durée de vie de 10 ans en moyenne. Au-delà, leur paroi subit une usure progressive pouvant aller jusqu’à créer une brèche et il faut changer les implants.

Malposition ou déplacement des implants : il impose en général une reprise chirurgicale.

Sérome tardif : il correspond à la présence de liquide autour de l’implant. Il reste rare mais peut parfois nécessiter des prélèvements pour analyse.

Photos avant/après :